Pucky Pooka : entre Causses et canyons
- Marie Tournelle
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Pucky Pooka : entre Causses et canyons
Le thé bu, le point fait, la bonne grosse bouilloire reposée dans son placard, les quarts en émail rouge, lavés et rangés, le champignon du toit replié, un dernier coup d’œil d'inspection : parés à virer !
Peu après le Bois-du-Four, nous prenons la direction des Gorges du Tarn par les chemins buissonniers, en espérant que les vacanciers, estivants, campeurs, kayakistes et vététistes de tous bords et tous poils auront regagné leurs horizons familiers... et empruntons une petite route vers un de ces "Bout du Monde" improbables !
Un chemin rural, néanmoins asphalté, sinueux et étroit, accroché à la roche, et qui déboule tout soudain sur une fenêtre large ouverte vers les Grands Causses écrasés de soleil !
Devant nous, la ligne du viaduc de Verrières (Aveyron) barre la vallée d'un trait fin, tout de blanc béton, un pied dans le Causse rouge et l'autre sur le Sauveterre, enjambant de ses bottes de sept lieues le petit ruisseau en gorges du Lumensonesque. Un nom qui nous parle de lumière : est-ce pour chanter la luminosité claire de cette vallée presque perdue, ou pour nous rappeler le sable cristallin de la rivière dont on fit du verre et qui donna son nom au village de Verrières (anciennement Veyrieyres) ?
Ce petit village blotti sous nos pieds, à peine visible, au fond de la gorge, et qui fit partie autrefois de la puissante seigneurie des Séverac.
Les coteaux ont été remodelés au fils des siècles et au prix d'un labeur répété, harassant, presque insensé : d'étroites terrasses soutenues par des murs de pierres sèches, qui montent vers le ciel, ont vu le jour à quelques vignes et abriter quelques vergers, avant d'être abandonnées vers les années soixante et s'effriter, puis s'effondrer, pour laisser place de nouveau aux genévriers et à la lande d'herbe rase et maigre, desséchée par le soleil qui "poique" le causse, lavée par les pluies de novembre et griffée par le vent du Nord et les gelées de février et mars...
Le couple "Pucky Pooka" et "Kangoogris" s'accordent bien : nulle secousse, nul écart : un bon compagnonnage !
Nous nous glissons au fond de la vallée puis dans les ruelles du village de Verrières, tout en longueur, belles pierres blanches et fleurs. Un papé sur son banc au soleil nous regarde passer : nous faisons un bonjour de la main auquel il répondra, mais après notre passage. On fait les choses lentement dans les campagnes, on pèse les mots, les gestes, on prend son temps. Et c'est tant mieux.
Tout en haut de Vérrières, les ruines médiévales (12ème) de l'ancien château et sa haute tour ronde, surveillent encore la vallée du Lumensonesque.
Nous roulons lentement, délicieusement dans la lumière de miel de l'après-midi qui s'avance. La route nous amène jusqu'à Rivière sur Tarn où nous garons l'attelage Pucky Pooka et Kangoogris. La vallée est déjà dans l'ombre. Un tour de chaîne avec un gros cadenas autour de la tête de l'attelage, histoire de dissuader un improbable quidam de partir avec Mamzelle... et surtout de nous donner une impression de sécurité, et nous voici partis vers les ruines du château de Peyrelade.
Une forteresse farouchement tanquée sur une proue de roche blanche et rose au-dessus-du vide, contrôlant ainsi l'entrée des gorges, quasi inexpugnable, mais pourtant détruite sur ordre d'un certain Richelieu... (voir site http://www.gorgesdutarn.net/Chateau-de- ... ee-du-Tarn
Le chemin qui y mène s'avère très étroit, malaisé, et les croisements impossibles. Un panneau le déconseille d'ailleurs fortement aux "camping-cars" et autres caravanes... Nous n'oserons nous y aventurer avec Pucky Pooka...
Mais sur la droite, de petites constructions de pierres sèches enchâssées dans le flanc de la colline nous intriguent.
Ce sont des "barracots", des cabanes de vignes : l'on y faisait son vin jusque dans les années soixante, soixante-dix. Ici, les toits de lauze épousent la pente et viennent rattraper, près du faîte, le rocher d'où elles sont nées. D'admirables "chiens assis" aux arrondis imposés par la pierre plate viennent "alléger" le linteau au-dessus des portes, grises et souvent bleuies par la bouillie bordelaise ou le bleu pastel dont on faisait quelques marques, pour éloigner les mouches et autres insectes.
Des merveilles de simplicité, de modestie, de grands petits riens...
Des barriques, des foudres en bois, un pressoir veillent sur ces vestiges d'un passé récent et déjà révolu.
La lumière a disparu du versant de la montagne, et nous redescendons vers Pucky Pooka : il est temps de se trouver un "coin" pour bivouaquer !
(à suivre)
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Quand donc reviendra le temps des cerises et des lilas blancs ?- Boulhaya
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Re: Pucky Pooka : entre Causses et canyons
MERCI pour ce superbe récit ! On attend la suite de l'escapade avec impatience 

Modifié en dernier par Boulhaya le dim. 25 sept. 2011 15:59, modifié 1 fois.



- Dams
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Re: Pucky Pooka : entre Causses et canyons
Génial ton récit vivement la suite
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Re: Pucky Pooka : entre Causses et canyons
J
!
Les tribulations de Pucky Pooka s'annoncent bien sympathiques
Les tribulations de Pucky Pooka s'annoncent bien sympathiques
"C'est en sciant que Léonard De Vinci" (Francis Blanche)
"Entre une Rollex et une Eriba : il n'y a pas photo !" ET TOC ! (Moi)
"PUCK = Petit signe extérieur d'une grande richesse intérieure"
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- Jeanpi
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Re: Pucky Pooka : entre Causses et canyons
Super le récit
merci
pour vous imitez il faudrait que j'invente le couple Triton-Trita et Kangoorooge !
pour vous imitez il faudrait que j'invente le couple Triton-Trita et Kangoorooge !
Il n'y a que les montagnes qui ne se rencontrent pas, et les Eribas les traversent.Amicalement, Jeanpi
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Re: Pucky Pooka : entre Causses et canyons
La suite plus tard.... (nous repartons demain pour quatre jours.... :-D )
>> Jeanpi "Triton-Trita et Kangoorooge" wouahou !
Quand donc reviendra le temps des cerises et des lilas blancs ?- eribabinbin
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Re: Pucky Pooka : entre Causses et canyons
Bonsoir et merci.
Un régal à lire et à regarder Mamzelle, si mamzelle nous fait un deuxième épisode nous sommes preneurs..
BINBIN.
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Re: Pucky Pooka : entre Causses et canyons
Bravo pour ce premier épisode très agréable et bucolique à lire.
Vivement la suite.
Le couple bouilloire et tasses en émail ont vite rejoints la caravane, indispensables.
Eric, Chrisine, le Boul et
Trit'hotel...
Vivement la suite.
Le couple bouilloire et tasses en émail ont vite rejoints la caravane, indispensables.
Eric, Chrisine, le Boul et
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Re: Pucky Pooka : entre Causses et canyons
super récit digne d'un excellent conteur.........merci et bravo 
systèmes d'exploitation : Ubuntu-mate , Lubuntu ( linux ) et Windows 10
A la r'voyure
djef
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Re: Pucky Pooka : entre Causses et canyons
Les tôles ondulées mais les vâches aussi!!
- Marie Tournelle
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Pucky Pooka : entre Causses et canyons SUITE
Entre Causses et canyons
SUITE
L'heure bleue a assombri la vallée. Les crêtes des falaises n'en sont que plus lumineuses. Et c'est là-haut, vers le Causse du Sauveterre, vers le Massegros, que nous allons passer la nuit.
Nous roulons lentement : la route est très étroite, mais plus que tout, après chaque virage, nous scrutons les moutonnement de prés et pâtures maigres qui s'offrent sans détour au regard.
Et soudain... D'un souffle commun nous murmurons :"là !"
Car c'est là, c'est une évidence. Un chemin de terre s'en va, tranquillement vers un parc à moutons que l'on devine au tintement de quelques sonnailles lointaines et au grillage qui court sur la lande.
Mais là, dans un renfoncement, sur la gauche, un espace d'herbe grise, rase, quelques buissons de chênes pubescents, rabougris et trapus, qui isolent et cachent du chemin et de la route, tout en laissant une fenêtre vers le soleil couchant, et surtout un bosquet de pins sylvestres à la tête penchée par les vents dominants du nord ouest.
La brise qui se lève le soir les fait chanter doucement. Et la chaleur de la journée exacerbe l'âcre parfum de la résine qui se mêle à celle plus sauvage de quelques buis.
Nous tournons comme le font les chiens avant de se coucher dans leur panier et faisons notre nid.
Pucky Pooka ne bouge plus.
Quatre grosses pierres pour un foyer de fortune, afin de limiter le feu et l'empêcher de se glisser comme une couleuvre entre les touffes d'herbe.
Deux morceaux de saucisse aux herbes posés sur le grill, pendant la préparation de la salade de tomates du jardin...
La Leffe blonde a rafraîchi les gosiers, et nous sortons la bouteille de rosé de la glacière. Deux verres à pied. Ce sont nos 26 ans de mariage et nos 35 ans de bon compagnonnage, à quelques jours près, on n'en est plus aux comptes d'épicier, que nous fêtons ce soir, loin du monde, avec pour compagnie les premières pipistrelles qui entament leur danse nocturne, la fumée du feu de genévrier mêlée à celle de la saucisse qui grésille, et au bouquet floral du vin rose et doré qui nous fait tourner la tête.
Le vent dans les pins s'est fait silencieux.
Le feu décline.
Le soleil a disparu. Frisson....
Dans un instant l'énorme écu de cuivre, puis d'argent de la lune viendra se planter devant nous.
La nuit sera douce et claire.
Le matin froid et vif, mouillé de rosée.
Et l'arôme du café qui coule viendra saluer une nouvelle journée.
suite : Pucky Pooka au Pays des Gavatch ! (dans Sorties & Rencontres)
[i][u]http://forumeribatouring.com/view ... 50[/u][/i][/color]
SUITE
L'heure bleue a assombri la vallée. Les crêtes des falaises n'en sont que plus lumineuses. Et c'est là-haut, vers le Causse du Sauveterre, vers le Massegros, que nous allons passer la nuit.
Nous roulons lentement : la route est très étroite, mais plus que tout, après chaque virage, nous scrutons les moutonnement de prés et pâtures maigres qui s'offrent sans détour au regard.
Et soudain... D'un souffle commun nous murmurons :"là !"
Car c'est là, c'est une évidence. Un chemin de terre s'en va, tranquillement vers un parc à moutons que l'on devine au tintement de quelques sonnailles lointaines et au grillage qui court sur la lande.
Mais là, dans un renfoncement, sur la gauche, un espace d'herbe grise, rase, quelques buissons de chênes pubescents, rabougris et trapus, qui isolent et cachent du chemin et de la route, tout en laissant une fenêtre vers le soleil couchant, et surtout un bosquet de pins sylvestres à la tête penchée par les vents dominants du nord ouest.
La brise qui se lève le soir les fait chanter doucement. Et la chaleur de la journée exacerbe l'âcre parfum de la résine qui se mêle à celle plus sauvage de quelques buis.
Nous tournons comme le font les chiens avant de se coucher dans leur panier et faisons notre nid.
Pucky Pooka ne bouge plus.
Quatre grosses pierres pour un foyer de fortune, afin de limiter le feu et l'empêcher de se glisser comme une couleuvre entre les touffes d'herbe.
Deux morceaux de saucisse aux herbes posés sur le grill, pendant la préparation de la salade de tomates du jardin...
La Leffe blonde a rafraîchi les gosiers, et nous sortons la bouteille de rosé de la glacière. Deux verres à pied. Ce sont nos 26 ans de mariage et nos 35 ans de bon compagnonnage, à quelques jours près, on n'en est plus aux comptes d'épicier, que nous fêtons ce soir, loin du monde, avec pour compagnie les premières pipistrelles qui entament leur danse nocturne, la fumée du feu de genévrier mêlée à celle de la saucisse qui grésille, et au bouquet floral du vin rose et doré qui nous fait tourner la tête.
Le vent dans les pins s'est fait silencieux.
Le feu décline.
Le soleil a disparu. Frisson....
Dans un instant l'énorme écu de cuivre, puis d'argent de la lune viendra se planter devant nous.
La nuit sera douce et claire.
Le matin froid et vif, mouillé de rosée.
Et l'arôme du café qui coule viendra saluer une nouvelle journée.
suite : Pucky Pooka au Pays des Gavatch ! (dans Sorties & Rencontres)
[i][u]http://forumeribatouring.com/view ... 50[/u][/i][/color]
Modifié en dernier par Marie Tournelle le ven. 7 oct. 2011 19:02, modifié 3 fois.
Quand donc reviendra le temps des cerises et des lilas blancs ?- Boulhaya
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Re: Pucky Pooka : entre Causses et canyons
MERCI pour ce récit
; à l'évocation de la leffe et des saucisses aux herbes, tu m'as fait saliver

Modifié en dernier par Boulhaya le sam. 1 oct. 2011 11:17, modifié 1 fois.



- Lavande
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Re: Pucky Pooka : entre Causses et canyons
Bonjour
Beau reportage et récit qui nous fait participer au voyage comme si nous y étions
que dire ,merci,merci,merci
Marie
Beau reportage et récit qui nous fait participer au voyage comme si nous y étions
que dire ,merci,merci,merci
Marie
- Marie Tournelle
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Pucky Pooka : de la porte des Gorges à l'ermitage d'Enimie
Au réveil, la porte occidentale des Gorges ouvrent en grand ses deux battants.
A gauche, sur le flanc du Sauveterre, siège l'imposant château des seigneurs de Mostuéjouls, récemment ripoliné d'un blanc de craie, sa longue façade rythmée de contrevents d'un bleu de ciel pâle et ses deux tours carrées, en symétrie. Enchevêtrées sous les ailes du château, tout en ruelles étroites et tortueuses les maisons du village descendent en calades.
A droite, et face au château, nichée sous la corniche du Causse Méjean, là où le Tarn, encore jeune roule une eau verte presque transparente, la petite chapelle romane et son mur clocher, de Notre-Dame des Champs. Nous en faisons le tour, accompagnés par le seul chant des oiseaux qui saluent le matin.
Après le village du Rozier, les falaises se rapprochent, la vallée se creuse avec plus rudesse. La corniche du Méjean est dans son ombre.
Quelques balcons festonnent la route et permettent un arrêt pour contempler, stupéfaits, le mariage, l'empoignade de l'homme et de la nature. Ils se complètent et s'opposent. Et de l'improbable sont nés d'incroyables hameaux et châteaux, suspendus à la cime des arbres, sur la crête d'un pic rocheux, entre ciel et eau.
Sous le rocher du Cinglegros et le Sentier Goupillot, jaillit une source venue du Méjean : il n'en fallait pas plus aux hommes du temps d'autrefois, pour construire un hameau. Ainsi naquit La Sablière, sur un promontoire. On y vient en barque, ou accroché à un câble.
La route se coule sous des rocs que les tourbillons d'un torrent antédiluvien ont creusés, heurtés, façonnés, pendant des millénaires, en voutes, surplombs et tunnels.
Les ombres se jouent du soleil et les rayons se glissent entre troncs et rochers.
Là-haut, se confondant parfois avec les chaos de roches, des ruines d'anciens châteaux surveillent encore la rivière Tarn et l'écoulement des voitures et des barques.
Nous passons les "détroits", puis le village de La Malène, ses bateliers et son manoir, tour ronde et tourelles au chapeau pointu, sur façade renaissance, qui faillit voir sa dernière heure le 28 septembre 1652 lorsque Louis XIII ordonna de raser les forteresses du royaume déclarées comme rebelles.
Le Roc Trouquat (le rocher troué), enchaîne avec La Roque Longue, puis La Couronne, et la corniche s'envole plus haut encore.
A ses pieds, trois étages : Hauterives.
Il faut y aller en barque, ou à pied par un sentier depuis La Malène et là encore, seul un câble tendu au-dessus de la rivière permet de transporter les matériaux et lourdes charges
Des terrasses de pierres sèches escaladent la pente raide jusqu'aux vestiges du castel, ancien fief médiéval des comte de Rodez, ses hautes murailles encore droites, percées de mâchicoulis ou de trous de hourds, fiché sur une épaule de la montagne.
A peine plus bas, sous la protection du seigneur des lieux, des maisons de maître du village ancien.
Au bord du miroir ridé de l'eau, le village redresse lentement ses murs, rebâtit ses toits de lauzes, ses voûtes et son four à pain, décroute ses façades et ses porches, remonte une cheminée, menuise une nouvelle porte.
Quelques passages étroits, des croisements inquiétants : est-ce Pucky Pooka ou le conducteur qui s'en tire comme un chef ? Les deux sans doute
Un oeil sur la route quasi déserte, un autre sur le cirque de Pougnadoires à notre gauche, nous laissons St Chély-du-Tarn et poursuivons d'une traite jusqu'à Sainte Enimie.
C'est une station d'épuration et un lotissement qui montent la garde à l'entrée du village où vint se retirer "au désert", Enimie, princesse mérovingienne, fille de Clotaire II, roi des Francs, et sœur de Dagobert ! Elle fuyait ses prétendants, ne voulant pas d'un mariage, et décida après moultes péripéties, de terminer sa vie ici, en Gévaudan, dans une grotte, lieu de l'actuel ermitage.
Quelques touristes et vacanciers à la traîne, ont garé leur voiture au parking au bord de l'eau, et se préparent à grimper dans les calades des ruelles et venelles étroites.
La chaleur devient intense dans le four des pavés et des murs chauffées par le soleil de midi.
Nous quittons le fond des Gorges et le village de la princesse mérovingienne qui fuyait ses amoureux, pour rallier la ville de Mende.
La route s'extrait des gorges par d'inombrables lacets et épingle à cheveux.
Kangoogris et Pucky Pooka grimpent fièrement sans aucun signe de fatigue ! Enfin nous jaillissons sur le causse, écrasé par un soleil qui chauffe à blanc !
A quelques pas de Sauveterre, le hameau, à la croisée du chemin de Grande Randonnée 44, sur un bout de terre pelée où poussent quelques chardons et un demi genévrier rabougris, nous sortons la table, dans l'ombre de Pucky Pooka, pour un déjeuner mérité.
A suivre....[/color]
A gauche, sur le flanc du Sauveterre, siège l'imposant château des seigneurs de Mostuéjouls, récemment ripoliné d'un blanc de craie, sa longue façade rythmée de contrevents d'un bleu de ciel pâle et ses deux tours carrées, en symétrie. Enchevêtrées sous les ailes du château, tout en ruelles étroites et tortueuses les maisons du village descendent en calades.
A droite, et face au château, nichée sous la corniche du Causse Méjean, là où le Tarn, encore jeune roule une eau verte presque transparente, la petite chapelle romane et son mur clocher, de Notre-Dame des Champs. Nous en faisons le tour, accompagnés par le seul chant des oiseaux qui saluent le matin.
Après le village du Rozier, les falaises se rapprochent, la vallée se creuse avec plus rudesse. La corniche du Méjean est dans son ombre.
Quelques balcons festonnent la route et permettent un arrêt pour contempler, stupéfaits, le mariage, l'empoignade de l'homme et de la nature. Ils se complètent et s'opposent. Et de l'improbable sont nés d'incroyables hameaux et châteaux, suspendus à la cime des arbres, sur la crête d'un pic rocheux, entre ciel et eau.
Sous le rocher du Cinglegros et le Sentier Goupillot, jaillit une source venue du Méjean : il n'en fallait pas plus aux hommes du temps d'autrefois, pour construire un hameau. Ainsi naquit La Sablière, sur un promontoire. On y vient en barque, ou accroché à un câble.
La route se coule sous des rocs que les tourbillons d'un torrent antédiluvien ont creusés, heurtés, façonnés, pendant des millénaires, en voutes, surplombs et tunnels.
Les ombres se jouent du soleil et les rayons se glissent entre troncs et rochers.
Là-haut, se confondant parfois avec les chaos de roches, des ruines d'anciens châteaux surveillent encore la rivière Tarn et l'écoulement des voitures et des barques.
Nous passons les "détroits", puis le village de La Malène, ses bateliers et son manoir, tour ronde et tourelles au chapeau pointu, sur façade renaissance, qui faillit voir sa dernière heure le 28 septembre 1652 lorsque Louis XIII ordonna de raser les forteresses du royaume déclarées comme rebelles.
Le Roc Trouquat (le rocher troué), enchaîne avec La Roque Longue, puis La Couronne, et la corniche s'envole plus haut encore.
A ses pieds, trois étages : Hauterives.
Il faut y aller en barque, ou à pied par un sentier depuis La Malène et là encore, seul un câble tendu au-dessus de la rivière permet de transporter les matériaux et lourdes charges
Des terrasses de pierres sèches escaladent la pente raide jusqu'aux vestiges du castel, ancien fief médiéval des comte de Rodez, ses hautes murailles encore droites, percées de mâchicoulis ou de trous de hourds, fiché sur une épaule de la montagne.
A peine plus bas, sous la protection du seigneur des lieux, des maisons de maître du village ancien.
Au bord du miroir ridé de l'eau, le village redresse lentement ses murs, rebâtit ses toits de lauzes, ses voûtes et son four à pain, décroute ses façades et ses porches, remonte une cheminée, menuise une nouvelle porte.
Quelques passages étroits, des croisements inquiétants : est-ce Pucky Pooka ou le conducteur qui s'en tire comme un chef ? Les deux sans doute
Un oeil sur la route quasi déserte, un autre sur le cirque de Pougnadoires à notre gauche, nous laissons St Chély-du-Tarn et poursuivons d'une traite jusqu'à Sainte Enimie.
C'est une station d'épuration et un lotissement qui montent la garde à l'entrée du village où vint se retirer "au désert", Enimie, princesse mérovingienne, fille de Clotaire II, roi des Francs, et sœur de Dagobert ! Elle fuyait ses prétendants, ne voulant pas d'un mariage, et décida après moultes péripéties, de terminer sa vie ici, en Gévaudan, dans une grotte, lieu de l'actuel ermitage.
Quelques touristes et vacanciers à la traîne, ont garé leur voiture au parking au bord de l'eau, et se préparent à grimper dans les calades des ruelles et venelles étroites.
La chaleur devient intense dans le four des pavés et des murs chauffées par le soleil de midi.
Nous quittons le fond des Gorges et le village de la princesse mérovingienne qui fuyait ses amoureux, pour rallier la ville de Mende.
La route s'extrait des gorges par d'inombrables lacets et épingle à cheveux.
Kangoogris et Pucky Pooka grimpent fièrement sans aucun signe de fatigue ! Enfin nous jaillissons sur le causse, écrasé par un soleil qui chauffe à blanc !
A quelques pas de Sauveterre, le hameau, à la croisée du chemin de Grande Randonnée 44, sur un bout de terre pelée où poussent quelques chardons et un demi genévrier rabougris, nous sortons la table, dans l'ombre de Pucky Pooka, pour un déjeuner mérité.
A suivre....[/color]
Modifié en dernier par Marie Tournelle le lun. 3 oct. 2011 10:05, modifié 1 fois.
Quand donc reviendra le temps des cerises et des lilas blancs ?- gem13
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Re: Pucky Pooka : entre Causses et canyons
Merci ,merci,merci
quelle est belle notre France! Vous lire et voir ces belles photos nous donne envie de sortir notre attelage
et
partir à la découverte alors que obligation oblige
.
Grâce à vous les vacances se poursuivent.Vivement la suite de vos balades.
gem13
quelle est belle notre France! Vous lire et voir ces belles photos nous donne envie de sortir notre attelage
partir à la découverte alors que obligation oblige
Grâce à vous les vacances se poursuivent.Vivement la suite de vos balades.
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